Tout ce qui tue nos artistes! Qui, quoi, comment?

En deux décennies de métier de manager d’artistes, tous mes confrères de l’industrie musicale s’accordent à le dire, nous n’avons jamais autant ramé que ces dernières années!

TOUT CE QUI TUE NOS ARTISTES !

 

Artistes, managers, producteurs, tourneurs, danseurs, musiciens… tout le monde subit la crise de plein fouet !

Et pour cause tous travaillent pour ou avec des artistes et de leur succès dépend indirectement l’activité de chacun.

Qu’on le veuille ou non nous sommes tous dans le même bateau et quand le navire sombre tout le monde coule avec !

Mais que se passe t-il exactement ? Qu’est ce qui tue nos artistes ? Quelle est cette crise ? D’où vient-elle ? Comment en sortir ?

C’est précisément les questions que je me pose depuis des mois et des mois et qui m’amènent aux conclusions que je vais partager avec vous…

 

1)  LE PROGRES TECHNIQUE :

 

              

 

Telle une lame à double tranchant, l’émergence du business sur internet (téléchargement, abonnement, Youtube, réseaux sociaux, médias du net…) a été une belle opportunité pour la communication et la notoriété des artistes à une échelle internationale.
Mais en contrepartie cette explosion a engendré une véritable crise au niveau des ventes d’albums qui tue nos artistes à petit feu.
Le cd a successivement laissé place au téléchargement puis au Streaming.

D’après le Snep, principal syndicat des producteurs, le marché de la musique enregistrée en France, qui comprend les cd, vinyles et le numérique, a enregistré une nouvelle baisse (-4,7%) en 2015. Le Streaming, lui, a continué à fortement progresser (+45%).

Face à ce constat irrévocable même les majors ont dû fusionner et se diversifier pour survivre!

 

 

A titre d’exemples :

L’effervescence des contrats 360°  (ou contrats à droits multiples) qui se sont généralisés depuis plusieurs années et qui s’appliquent aux diverses sources de revenus de l’artiste (disque, spectacle, édition, droits dérivés) pour s’y retrouver financièrement.

Vivendi-Universal rachète la salle Olympia fin août 2001 et développe l’activité spectacle.

Fusion entre Sony Music et BMG  en 2004

Warner Music rachète la société de production de spectacles Jean-Claude Camus Productions, en 2008 puis EMI France en 2013.

Donc si les plus gros sont touchés imaginez ce qu’il en est des petits indépendants !

Quelques gros labels indépendants comme Play On ou Wati B font cependant exception à cette règle.

 

2) DES MANQUEMENTS AUX NIVEAU DES MÉDIAS  :

                             

 

Je ne vous apprends rien en vous disant que les radios et télés sont le fer de lance d’un artiste !

Or les artistes caribéens manquent de visibilité médiatique.

Au niveau national, parmi les rythmes de notre culture, le Zouk ou le Dance hall sont diffusés au compte goûte sur les médias de grande écoute et cet exploit n’est possible que quand une major  décide de miser sur un  de nos artistes !

Au niveau “communautaire” le nombre de médias  sur l’hexagone se compte sur les doigts des mains :

  • niveau radios : Tropiques Fm, Latina, Africa N°1, Nova, Espace Fm.
  • niveau télévisions : Trace TV, Beblack, MFM, Télésud.

Ajoutez à cela des radios comme NRJ, Trace Fm et autres radios ou télévisons locales selon les territoires géographiques dans les collectivités d’Outre Mer, ainsi que les médias du web.

Conclusion, d’une part nos médias sont rares, mais en plus pour la plupart ils restent assez “communautaires” en terme d’audience, donc limités,  et n’ont pas la portée des médias grands publics comme les médias nationaux ! 

Qui plus est,  vous n’avez jamais la certitude qu’ils vous rentreront dans leur programmation !

Un responsable de programmation peut décider de transformer une chanson en hit en un claquement de doigts !
Certes il y a des commissions en interne pour que la décision ne dépende pas que d’une personne, mais franchement ça ne change rien à mes propos.
Même s’il est juste de dire que c’est le public qui au final décide du succès d’une chanson ou pas, il n’en demeure pas moins que pour que le public puisse apprécier une chanson ou un artiste il faut déjà que la musique arrive jusqu’à ses oreilles !
Et combien de fois avons-nous entendu des chansons que l’on n’aime pas spécialement à la base mais qu’on finit par intégrer voire apprécier à force de matraquage ?!
A tel point qu’on parle de succès “médiatique”, à  savoir un single qui n’est pas forcément un succès commercial en terme de ventes,  mais qui cartonne en visibilité sur les médias et qui se traduit par “c’est un tube” dans l’inconscient collectif.
Bien entendu je parle d’une manière générale et il va sans dire qu’on pourrait trouver de rares exceptions mais comme leur nom l’indique les exceptions restent des exceptions.

Nous sommes face à de vraies problématiques :

– Notre principale radio Tropiques FM se livre à une guerre de pouvoirs avec des artistes boycottés selon leurs affinités avec  les ex dirigeants, il faut montrer patte blanche…

Trace TV se voit reprocher de ne pas diffuser les top artistes caribéens sur leur chaîne Trace Urban et de les cloisonner à leurs chaînes Trace Urban Dom ou Trace Tropical qui elles mêmes sont partagées en grande partie avec de la musique latine.

La force de la musique latine, est qu’elle a bénéficié d’un effet de mode en France et en Europe avec la recrudescence des cours de Salsa / Bachata / Zumba + la puissance de Radio Latina.
Et quand on analyse les artistes qui ont pu bénéficier d’une programmation sur  Trace Urban à l’époque : Medhy Custos / Lynnsha / Perle Lama / Thierry Cham / Slaï / Fanny J… et j’en oublie certainement, ils étaient tous signés en Major avec un développement de carrière national.
Un constat qui nous renvoie au fait que sans grosse maison de disques (major ou gros indépendant) il est difficile pour un  artiste de s’affirmer et d’exister!

 

Autre constat qui quelque part tue nos artistes :

une consommation “Kleenex”

 A quoi bon faire un album quand les médias se limitent à un ou deux singles et qu’en quelques mois cet album est considéré comme “vieux” ?!?!
On est vraiment dans une consommation “Kleenex” où on prend et on jette aussitôt!

Dans le même registre, sachez que pour les radios nationales les plus populaires un artiste est déjà considéré comme vieux quand il passe les 30 ans !

Logique leur cœur de cible a entre 15 et 25 ans. Mais qu’est ce qui est plus important l’âge de l’artiste ou sa musique?

Les stars internationales et les Djs nous prouvent pourtant que la bonne musique n’a pas d’âge!

Mais les  médias cherchent avant tout à faire de l’audience et malheureusement pour ne pas prendre de risque il vont plus souvent être “suiveurs” que “starters” (premiers à diffuser une nouveauté) sauf s’il s’agit d’un nouveau single d’un artiste déjà fortement diffusé sur le média en question.

Bien souvent les radios s’inspirent de ce que font les radios concurrentes ou éventuellement du buzz sur les réseaux sociaux, et les télés suivent les radios qui ont la même audience sans prendre le risque de programmer un artiste qui n’est pas diffusé en radio.
Aujourd’hui, aussi aberrant que ça puisse paraître, il est presque plus facile d’avoir un succès en télé en étant issu de la télé réalité que si tu as une voix exceptionnelle!

Bien entendu, que les choses soient claires,  mes propos ne font aucunement allusion aux talents issus d’émissions type “Pop Star”, “Star Academy”, “The Voice” ou “Nouvelle Star” !

Car à l’exception d’une petite vingtaine, ces derniers subissent malheureusement trop souvent le même traitement “Kleenex”, on les fait briller le temps d’une saison puis on les oublie !
Quelques exemples parmi les artistes afro caribéens : Cyril Cinélu, Miss Dominique, Rubby ou  Tamilia Chance (The Voice Kids)…
Personnellement j’ai parfois cette impression qu’ils sont juste des “faire valoir” pour donner le change aux autres candidats et apporter de la crédibilité à ces émissions, car des concours de chant sans noirs ce serait un peu comme Disneyland sans Mickey non?!?! lol

Il semblerait que les votes des Dom  ne soient d’ailleurs pas pris en compte car les numéros d’appel pour voter ne sont pas compatibles... Douce hérésie vu qu’ on se doute qu’un fort taux de vote provient de ces départements! Sans parler des problèmes de “faux directs” où les appels au vote du public se feraient quand l’émission a déjà été enregistrée…

 

3)  DE MOINS EN MOINS DE DISCOTHÈQUES

 

 

En mai 2014 le journal Le Parisien publiait une étude mettant en lumière le déclin du nombre de discothèques en France. Actuellement, il y aurait deux fois moins de boîtes de nuit qu’il y a 30 ans. Concrètement, 4 000 discothèques avaient été répertoriées sur le territoire national dans les années 1980, contre seulement 2 200 à l’heure actuelle. Pire, 800 établissements ont fermé leurs portes au cours de ces trois dernières années !
La baisse des chiffres d’affaires allant jusqu’à -30% est l’une des raisons évoquées pour expliquer les fermetures massives des discothèques. Le renforcement des réglementations sur le tabac, l’alcoolémie ou encore les nuisances sonores ont également affecté la survie de ces lieux de réjouissance. Autre difficulté, les jeunes trouvent que ce genre de soirée coûte trop cher. Du coup, ils préfèrent organiser leur propre dîner ou dance parties à la maison.

 

4) DES FESTIVALS INACCESSIBLES :

 

 

Outre notre mythique groupe KASSAV’ essayez de faire rentrer du zouk dans un festival !

Malheureusement c’est compliqué parce que nos artistes ont peu de visibilité en live (artiste accompagné de ses musiciens).

En effet pour exister et gagner leur vie nos artistes chantent souvent en clubs et très peu en live (avec musiciens) car  peu d’organisateurs en ont les moyens compte tenu des frais (cachets + prise en charge déplacement, hébergement, restauration du groupe). Du coup vu le peu d’opportunités nos artistes ne s’en sortiraient pas financièrement. Les prestations en live dans les hôtels ou petites salles sont très mal payées (souvent entre 500 et 800 euros pour tout le groupe, desquels vous devez déduire vos frais divers tels que les répétitions).

Le live est plus souvent  envisageable pour des artistes qui ont des tourneurs capables d’investir dans des tournées avec des locations de salles, le staff et les moyens logistiques, techniques et promotionnels nécessaires.

C’est le cas de KASSAV’ (Tourneur Los Production) ou de la Compagnie Créole (Tourneur Carrément Prod) qui s’illustrent dans les festivals du monde entier. De même pour Zouk Machine ou Francky Vincent quand des tourneurs s’en mêlent.

Or il s’avère que les programmateurs de Festivals ont une manière bien précise de faire leur programmation comme en témoigne Jeanne Rucet (Responsable de la programmation du festival des Vieilles Charrues) :

“À la programmation, nous nous occupons de choisir les artistes qui viendront au festival. Nous sommes en lien avec les tourneurs (qui ont un catalogue d’artistes en tournée), mais nous nous déplaçons également en France et à l’étranger pour découvrir de nouveaux talents en live.
Nous échangeons beaucoup avec les autres festivals, nous nous déplaçons souvent pour écouter des artistes, on négocie avec les tourneurs pour faire venir les groupes…”

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  PAROLE DE MANAGER #9 : Artiste / Manager qui est le patron?
Nos artistes manquent donc de visibilité scénique en live pour toucher les programmateurs et comme ils sont également inexistants dans le PAF (Paysage Audiovisuel Français), ils leur sont totalement inconnus quelle que soit leur notoriété et leur fan base ! C’est là tout le paradoxe…

 

5) UNE COMMUNAUTÉ DIFFICILE A CERNER :

 

 

Notre communauté est particulière…

En ce sens qu’elle est capable d’être très solidaire dans des moments difficiles comme les catastrophes naturelles où tout un chacun va se mobiliser pour aider, ou encore quand il s’agit de voter pour un noir qui lui fait honneur dans une émission, et qui aiguise sa fierté;   Mais bizarrement, aussi étrange que cela puisse paraître, elle est capable d’un extrême mépris vis à vis de ses artistes quand ils sont signés en majors. C’est à ne rien y comprendre!

Comme je le disais précédemment c’est déjà rare et très difficile d’avoir un accès au “natio” et quand vous y êtes on vous regarde sur le côté, les bras croisés la moue bien serrée pour savoir à quel moment vous allez vous ramassez! lol

J’aimerais tellement comprendre pourquoi…       

 

6)  DES ARTISTES QUI SE BRADENT  !

Vous n’avez pas idée à quel point certains artistes sabotent le marché !

Il y a d’abord ceux qui se comportent mal et qui dégoûtent les organisateurs et/ou le public (retard , arrogance, show pas à la hauteur des attentes du public par rapport au prix d’entrée et j’en passe…)

Ensuite il y a ceux qui se dévalorisent !

Par exemple pour des artistes confirmés qui ont une notoriété et une carrière, le professionnalisme veut que cet artiste soit représenté par un manager (ou un agent) notamment pour ses prestations scéniques.
Ça lui permet d’avoir un filtre qui au delà de l’image pro qu’il va donner de l’artiste, va aussi imposer ses conditions et s’assurer que l’organisateur de spectacle est sérieux.
Sauf que bien souvent quand l’agent impose les conditions de l’artiste à l’organisateur de spectacle ce dernier essaye toujours de passer directement par l’artiste en espérant obtenir de meilleures conditions.
Et c’est précisément à ce moment que certains artistes “baissent leur froc” pour ne pas perdre la date proposée! Surtout si c’est pour une destination alléchante lol.

Je ne blâme personne, j’attire juste l’attention sur les conséquences lourdes d’une telle attitude qui vont bien au delà du petit plaisir d’avoir accepté la date en question et de la rémunération bradée qui va avec!
1- l’agent qui se bat pour cet artiste et défend ses propres intérêts passe pour un guignol et perd toute crédibilité !
2- l’artiste qui se brade fait baisser sa propre côte pour ses prochaines prestations car tout se sait et personne ne voudra prendre des conditions “normales” alors qu’on peut avoir  des conditions “low cost” !
3- ça casse complètement le marché pour les autres artistes de la même niche qui eux restent pro et souffrent d’organisateurs qui s’empressent de comparer le “low cost” et le pro pensant que c’est le “low cost” qui est la norme !
Il est déconseillé qu’un artiste professionnel se déplace seul !
Son agent doit normalement imposer ses conditions financières et logistiques, puis veiller à ce qu’elles soient respectées! Il fournit aussi en amont les éléments contractuels et techniques ainsi que les supports nécessaires à la promotion de l’événement. Ensuite, quand il accompagne l’artiste en déplacement, il s’assure que l’artiste soit à l’heure, gère le matériel de son show, le solde du règlement, et les éventuels contacts sur placeC’est un métier et non du simple accompagnement de copinage comme pourraient l’imaginer certains ! Donc quand l’artiste décide de partir seul en prestation il dévalorise ce travail de l’agent laissant supposer qu’on peut minimiser son rôle et son travail !

Encore une fois je ne pointe personne du doigt et je peux comprendre  que parfois les circonstances puissent être difficiles ou l’insouciance d’un artiste qui pense davantage à son petit voyage au soleil qu’aux conséquences. Et puis si lui ne le fait pas peut-être qu’un autre en profitera à sa place donc pourquoi s’en priver?! Il ne faut juste pas confondre réajuster ses tarifs et se brader !

En général ce genre de désagrément n’arrivent pas avec des artistes entourés d’un manager disponible qui gère leur carrière en amont et sur le terrain, sauf cas exceptionnels où artiste et manager se sont mis d’accord en amont pour des raisons particulières.
Ça concerne plutôt les artistes qui sont plus ou moins livrés à eux mêmes pour des raisons diverses et variées et ne s’entourent d’un professionnel qu’occasionnellement !
D’ailleurs il en va de même de certains producteurs ou managers qui bradent les artistes pour les faire tourner en se disant que s’ils tournent beaucoup tout le monde pensera qu’ils cartonnent et non pas qu’ils sont bradés !
En réalité, tout comme le dopage dans le milieu sportif, cette solution illusoire est un cercle vicieux qui dessert tout le monde au final !

 

7) LES ATTENTATS :


Les attentats du 13 novembre 2015 ont touché notre profession à plusieurs titres.

-Symboliquement le fait qu’ils se soient produits au Bataclan (salle de spectacles) et au Stade de France (Site dédié à l’événementiel et au divertissement) ça marque les esprits.

-Ensuite dans les jours et semaines qui suivent ça paraît presque déplacé d’aller s’amuser quand une nation est en deuil !

– Et enfin l’appréhension des lieux publics de masse devient légitime qu’on le veuille ou non.

De ce fait le milieu du spectacle a connu une baisse de 80% de ses billets dans les mois qui ont suivi attentat 13 novembre, selon le syndicat national des producteurs (Prodiss), baisse effrayante qui elle aussi tue nos artistes!

 

 

Néanmoins, touchés directement ou indirectement par ces événements, les Français semblent reprendre peu à peu  le chemin des spectacles notamment musicaux.

Pour en savoir plus, cliquez ici !

 

8) LE RÔLE DES POLITIQUES :

 

 

Les Politiques ont sûrement leur rôle à jouer :

La Région Guadeloupe avait initié des partenariats avec de nombreux médias pour la diffusion des talents du département puis a créé l’événement “Talents Guadeloupe” ainsi que certaines subventions gérées par les différentes Régions.
Autre exemple : Pendant des années le Gouvernement Angolais a misé sur ses artistes et sa culture pour changer la perception du pays aux yeux du grand public… tous les étés, ils louaient des clubs / hôtels, faisaient venir les plus grandes stars (chanteurs / DJ) et diffusaient la culture musicale (Kizomba / afro beat).
Il manque probablement d’initiatives “coup de poing” de ce genre et davantage d’aides  telles que l’aide à la mobilité internationale pour permettre à nos artistes de participer plus facilement à certains Festivals qui ne prennent pas en charge les frais de voyage et d’hébergement des groupes.

 

 

9) LE CÔTE POSITIF :

 

 

Comme j’aime le penser et le dire, dans toute situation critique il y a des toujours des choses positives à tirer des situations difficiles !

D’une part, ces difficultés nous obligent à nous remettre en question, à nous renouveler et à être plus créatifs. Tout ne peut pas être de la faute des autres lol.

Nous devons donc prendre des risques dans nos métiers et sortir de notre zone de confort, être plus entreprenants voire plus polyvalents pour créer une nouvelle demande et de nouveaux marchés.

 

Quelques axes de réflexion pour les artistes ?

Selon moi, la carrière d’un artiste doit se gérer comme une entreprise
Il faut certes le talent, mais aussi une vision, une stratégie ; ne pas hésiter à investir dans le Marketing et la promotion, pour augmenter la notoriété, et mieux vendre ses albums, ses prestations et son image. 
Pourquoi certains artistes de la caraïbe francophone se focalisent-ils tant sur la France alors qu’ils pourraient probablement développer leur carrière ailleurs ? Pensez aux diasporas…
Il y a par exemple 3 millions d’Haïtiens juste aux USA… C’est la nouvelle classe moyenne des USA avec un réel pouvoir d’achat et un intérêt certain pour nos musiques (et vice versa).
Il ne faut pas hésiter à être mobile et dynamique, donner envie, créer des mouvements pour se créer de nouvelles opportunités sans attendre qu’on vienne nous chercher!
 
Pour certains il manque aussi, selon moi, des vrais managers qui s’occupent de vos carrières et pas juste des agents qui ne gèrent que vos dates!
N’hésitez pas à faire des featurings avec des artistes nationaux ou internationaux pour montrer  votre talent à une cible plus large. Il est plus facile de pénétrer un marché avec une bonne production et un nom !

Les collaborations permettent aussi des fusions qui pourraient faire évoluer notre musique vers de nouveaux rythmes et lui permettre ainsi de se renouveler.

Soyons réalistes, nous n’avons pas encore eu de  Star caribéenne francophone dépassant le succès  international de KASSAV’!

 

Qui est en mesure de prendre le flambeau avec autant de hits et comment?

 

Autre conséquence positive de la crise ?

C’est le moment de reconnaître humblement que l’union fait la force !
D’où la reformation et/ou le retour sur scène de montres sacrés tels que  “NTM”, ou “Téléphone” sous le nom “Les Insus”,  ou encore IAM
La nostalgie d’une époque favorise des concerts concept à succès comme “L’Age d’or du rap français” ou encore “Stars 80”… pour ne citer qu’eux, mais ces concepts se déclinent dans bien d’autres registres musicaux comme “Le Grand Méchant Zouk” qui n’a pas attendu la crise pour exister.

Mesdames, Messieurs les Directeurs artistiques, c’est le moment de vous ouvrir à de nouveaux concepts musicaux “soleil” à l’instar de ceux qui ont fonctionné comme “Dis l’heure 2 zouk”, “Bisso Na Bisso” ou “Tropical Family”, pourquoi toujours cantonner ces styles musicaux rythmés et festifs à des projets saisonniers ?

Pourquoi pas vous intéresser de plus près à d’autres artistes “World” qui n’ont pas forcément la vingtaine mais qui justement ont une vraie carrière, Compay Segundo, Césaria Evora, Henri Salvador  en ont été  de parfaits  exemples, ou encore Calypso Rose aujourd’hui !

Mesdames, Messieurs les tourneurs, certains de nos artistes caribéens ont un réel potentiel et remplissent des Olympia, des Zénith, voire Bercy sans avoir de gros moyens derrière eux… Imaginez la collaboration fructueuse qui pourrait naître avec un appui comme le vôtre !

Mesdames, Messieurs les Politiques, et représentants du tourisme et de nos cultures, n’est-il pas temps de vous impliquer davantage et/ou différemment dans le rayonnement de vos artistes, dans leur promotion nationale et internationale. Ne sont-ils pas aussi les ambassadeurs de nos richesses culturelles et par définition une excellente vitrine pour la promotion de nos collectivités d’Outre Mer ?

Qui que vous soyez, si cet article fait écho en vous et que vous pensez pouvoir faire évoluer les choses dans le bon sens, je suis à votre disposition pour tout échange…

 

Merci d’avoir pris le temps de me lire, on grandit ensemble !

 

Merci d'avance pour le partage de cet article !
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Comments

  1. Au nom d’une conscience et du Respect que l’on doit à ces métiers si particuliers : Excellente réflexion ! Analyse très constructive ! Une belle manière de rendre alerte et montrer un chemin possible…

  2. Tout est savamment dit. Chaque chapitre est illustré d’une photos se rapportant au sujet, rien n’a été
    oublié. C’est un chef d’oeuvre.
    Bravo ma fille. Mes félicitations.
    Ta Maman

    • Merci pour ton précieux soutien Baboo. C’est très appréciable car je passe des heures et des heures sur chaque article et chaque vidéo afin de transmettre le meilleur de moi même à ceux qui s’y intéressent 🙂
      Bises

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